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Aujourd'hui
les Tamouls célèbrent le PONGAL alors que leurs frères et
soeurs originaires du nord de l'Inde célèbrent le SANKRANTI.
Quelle différence y-a-t-il entre ces deux fêtes
? S'agit-il d'un nouvel an ? Certes ces fêtes ont été
organisées pendant de nombreuses années à Maurite sous le
nom de Sankranti. Voilà bientôt quelques dizaines d'années
que les Tamouls ont choisi de le remplacer par un mot Tamoul
le PONGAL.
Pour
faire la différence entre ces deux fêtes, les autres membres
de la composante hindoue, à part les tamouls, continuent à
garder le nom de Sankranti. Depuis une ou deux années,
certains érudits de la communauté hindoue ont voulu
associer le Sankranti au nouvel an de la communauté hindoue.
Voilà de quoi rendre perplexe encore plus de gens.
Mais,
pour les Tamouls, le Sankranti ou le PONGAL est un événement
de la nature. C'est la fête de la moisson. Le jour de cette fête
de la moisson, autrefois, les propriétaires de terrains
et les travailleurs tous ensemble rendaient hommage à la
nature pour sa contribution dans la production des denrées
alimentaires.
Ce
jour du Pongal, du riz est cuit dans un pot de terre,
récipient
que nos ancêtres utilisaient pour préparer leurs repas. Ce
riz est mélangé de lait, autre produit de la nature. Ce «
riz au lait » en pleine ébullition marque l'état d'âme des
participants. C'est à ce moment précis qu'ils prononcent
le mot « PONGAL ». Si le mot Pongal est un mot de passe
qu'utilisent les Tamouls pour décrire le moment propice
de cette réjouissance culturelle, le SANKRANTI reste
cependant le nom commun de la Fête.
Pour
les Tamouls, le Sankranti ou le Pongal n'est pas le premier
jour de l'an. Pour les Tamouls et les Télégous, le nouvel an
est en avril. Ces dates du nouvel an reposent sur une
justification astrologique incontestable.
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Le
jour du Sankranti ou le Pongal,
des pratiques très courantes sont généralement notées.
Les membres de la communauté tamoule ornent leurs maisons
avec des filets de fruits et des feuilles de manguiers et
celles
de safran ainsi que de fleurs de « bouquet banane » de
couleur jaune.
La
cuisson du riz au lait se fait en plein air, soit dans la cour
ou à la mer ou au bord d'une rivière. Le mot PONGAL est
scandé en chœur par les membres de la famille au moment où
le riz au lait est en pleine ébullition et chacun se salue et
fait ses souhaits pour que la moisson prochaine soit meilleure.
Pourquoi
continuer encore à célébrer une fête agricole alors que
nous ne sommes pas tous des agriculteurs ? Cette fête est
certes une fête de nos ancêtres. Quel est donc l'utilité
pour nous de tenir cette tradition alors que nous ne sommes
pas, comme nos ancêtres, des agriculteurs ?
Avec
cette fête, il y a deux idées philosophiques maîtresses
que nos grands-parents ont voulu nous léguer. D'abord il y
a la nécessité d'exprimer sa gratitude pour toute aide que
l'on reçoit et surtout de la nature.
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Donc, en ce jour du
PONGAL, on est tenu à rendre visite à Dieu pour le remercier
de sa grâce.
Deuxièmement,
il s'agit de
notre sens de solidarité. Chaque Tamoul est obligé de faire
une donation d'un dixième de sa production pour la
glorification
de Dieu et des prières. Cette donation s'appelle le Tithe.
C'est de ce terme qui nous est venu l'expression ène dithé
dans le parler créole. Tithe est la contribution que
chaque tamoul doit verser à son kovil. C'est pour cette
raison que les producteurs de biens matériels font des
offrandes en biens matériels (cocos, bananes, fruits, lait,
etc. ) à Sivaperoumarn et sa famille formant cette trinité
divine et aussi en donnant de l'argent à leurs kovils.
C'est pour cette raison que des HUNDIS (boites de collecte
d'argent) sont placées un peu partout aux kovils pour
recevoir ces donations anonymes.
C'est donc important que le jour du PONGAL, chaque
tamoul
fasse sa contribution au taux d'un dixième de ses rentes
annuelles. Cet argent sert non seulement à l'entretien des
kovils, à la promotion de la Culture et de la langue et aux
services de l'éducation, mais à soutenir par des prières
et des sessions de transmission de l'énergie vitale (le
Shakti) la classe ouvrière ainsi que tous les habitants de
la planète dans leur tâche de tous les jours.
From
: Le mauricien
Dated : Monday 14th January 2002
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